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Le Plan Mattei s’élargit, l’Italie parie sur l’emploi et le développement durable

2026-03-06 - 16:33

AGI - Le Plan Mattei pour l’Afrique du gouvernement italien s’élargit au Rwanda, au Gabon, à la Zambie et à la République démocratique du Congo, portant à 18 le nombre total de pays participants. L’annonce a été faite par le président du Conseil italien Giorgia Meloni lors de son intervention au colloque "Poser les bases de l’emploi en Afrique : infrastructures de base et environnements d’affaires", organisé le 4 mars à Rome par la Banque mondiale, en collaboration avec la présidence du Conseil des ministres. "Nous savons que c’est un défi exigeant, mais la détermination ne nous manque pas. Surtout, nous savons que dans ce parcours ambitieux nous pouvons toujours compter sur la collaboration concrète de la Banque mondiale, qui a adhéré à notre vision dès le début et n’a jamais manqué d’apporter sa précieuse contribution", a déclaré Meloni. "Nous voulons que Rome devienne un pôle européen pour les investissements en Afrique, un lieu où le secteur public et le secteur privé collaborent pour transformer les bonnes idées en emplois", a poursuivi la cheffe du gouvernement, qui souhaite donner à la capitale italienne un rôle de “hub” méditerranéen. "Pour nous, encore une fois, les emplois sont fondamentaux. Des emplois dignes, stables et de qualité. Des emplois qui permettent aux jeunes Africains de construire leur avenir sur leur terre natale. L’Afrique est le continent le plus jeune du monde, avec 60 % de sa population âgée de moins de 25 ans", a rappelé Meloni, soulignant que chaque année des millions de jeunes entrent sur le marché du travail. "Si nous ne créons pas des opportunités adéquates, il existe évidemment un risque d’exclusion, d’instabilité et de migration forcée. Mais si nous investissons sérieusement dans l’énergie, les infrastructures, l’agriculture et la formation technique et professionnelle, nous pouvons transformer la dynamique démographique en un levier extraordinaire de développement", a-t-elle déclaré. L’approche du gouvernement italien envers l’Afrique repose sur "moins de fragmentation, plus de coordination; moins de rhétorique, plus de chantiers; moins de promesses, plus d’instruments financiers innovants et concrets. Moins d’assistance, plus de développement", a ajouté Meloni. Selon elle, l’approche italienne vis-à-vis du continent "devrait aussi devenir celle de l’Europe et de l’Occident". "L’efficacité de la coopération ne se mesure pas aux bonnes intentions, mais aux résultats concrets qu’elle produit en termes d’emplois créés, d’entreprises soutenues et d’investissements mobilisés", a-t-elle insisté. La cheffe du gouvernement a ensuite rappelé les projets que l’Italie mène en Afrique avec le soutien d’organismes partenaires. La Banque mondiale, a-t-elle expliqué, est un partenaire clé du Plan Mattei pour mobiliser des capitaux privés et des investissements européens en Afrique, afin de "transformer les idées en emplois de qualité", notamment en investissant dans des secteurs comme l’énergie, les infrastructures et l’éducation, afin d’offrir au continent des perspectives de développement. Avec la Banque mondiale, l’Italie est "en première ligne à travers le projet Mission 300", qui vise à fournir de nouvelles infrastructures électriques à plus de 300 millions de citoyens africains d’ici 2030, a-t-elle poursuvi, en rappelant la pensée du fondateur d’ENI, Enrico Mattei, selon lequel "il n’y a pas de travail sans affaires, et pas d’affaires sans énergie". Investir dans les réseaux, les capacités de production et les énergies renouvelables "signifie créer immédiatement des emplois et, en même temps, permettre la croissance de chaînes de valeur entières", a poursuivi Meloni. "Bien que l’Afrique possède une très grande part des terres cultivables de la planète, elle importe encore une part importante de ses besoins alimentaires. Améliorer la productivité agricole, développer la transformation locale et renforcer les chaînes de valeur signifie générer des millions d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes", a déclaré la présidente du Conseil. Meloni a également réaffirmé que le gouvernement italien considère le Plan Mattei comme un programme d’investissement dans les pays africains qui définit une stratégie de coopération entre partenaires égaux, fondée sur une vision claire: contribuer à créer les conditions structurelles nécessaires au développement de filières productives, d’entreprises locales solides et d’emplois stables et dignes dans les pays africains. La nouvelle de l’extension du Plan Mattei en Afrique a été accueillie positivement par les associations professionnelles et les entreprises italiennes. La Chambre de commerce ItalAfrica y voit "un signal important", estimant que l’élargissement du programme "consolide une stratégie fondée sur les infrastructures, le capital humain et des partenariats de long terme". L’organisme a souligné que l’extension du Plan Mattei représente une étape stratégique pour consolider une coopération fondée sur un principe de partenariat entre égaux, capable de valoriser le capital humain, les ressources et les opportunités économiques du continent africain, tout en contribuant à la croissance du système productif italien. "C’est sur ces piliers que peut se construire un développement stable et durable", a également commenté Valter Mainetti, président-directeur général de Condotte 1880, une entreprise italienne historique du secteur de la construction. "Le Plan peut devenir un instrument de coopération en associant réalisation d’infrastructures, formation technique et transfert de savoir-faire, en créant des filières et des compétences qui restent dans les territoires et accompagnent les pays partenaires sur un chemin de croissance autonome et durable", a déclaré l’entrepreneur. Selon Mainetti, les entreprises italiennes peuvent offrir à l’Afrique des compétences, de l’innovation et des capacités de conception, contribuant au développement des territoires et à la création d’opportunités pour les communautés locales. "Des projets de ce type montrent comment les infrastructures peuvent devenir de véritables moteurs de développement, générant des opportunités économiques et d’emploi tout en favorisant en même temps la croissance des compétences locales", a-t-il conclu.

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